Ted Evans affirme que le travail avec la langue des signes a approfondi sa compréhension du cinéma. Le premier long métrage du scénariste-réalisateur britannique, Retreat, est un thriller centré sur une jeune femme qui arrive dans un centre de bien-être isolé pour personnes sourdes. Le film met en vedette Anne Zander, James Joseph Boyle et Sophie Stone, et tous les rôles principaux sont interprétés par des acteurs sourds.

Evans, qui a grandi au sein de la communauté sourde, décrit son intérêt pour la représentation des personnes sourdes, de leurs langues et de leur culture au cinéma comme un « cinéma en langue des signes ». Il explique que la nature visuelle de la langue des signes l’a amené à réfléchir davantage au raccord, au rythme et à la grammaire visuelle, car chaque plan et chaque prise doivent préserver la fluidité de la langue des signes.

Retreat est né d’un court métrage du même nom qu’Evans a réalisé avec un budget très limité il y a environ 14 ans. Bien que le court métrage se soit concentré sur une communauté et ait mis en scène Stone, Evans affirme avoir consacré la décennie suivante à développer un projet aux thèmes différents. Les deux œuvres ne sont pas étroitement liées, a-t-il déclaré à The Hollywood Reporter.

Evans a été sélectionné pour la liste BAFTA Breakthrough 2026 du Royaume-Uni, avec le soutien de Netflix. Il a qualifié cette reconnaissance de grand honneur et a dit qu’il était particulièrement heureux de la partager avec Stone. Il espère que le programme l’aidera à rencontrer des professionnels chevronnés du secteur et à envisager la suite.

Parmi les projets déjà en développement figure un film d’horreur avec BBC Film, même si Evans a précisé qu’il n’en était qu’à un stade très précoce. Il espère également continuer à travailler au sein de la communauté sourde tout en touchant un public plus large.

Retreat est principalement en langue des signes britannique, mais comprend plusieurs langues des signes, dont l’allemande. Evans a souligné que la langue des signes américaine diffère de la langue des signes britannique, tandis que l’Auslan, utilisée en Australie, est apparentée à la BSL, mais constitue une langue à part entière.

Evans dit concevoir le film comme s’adressant à deux publics : la communauté sourde et le grand public. Il espère que les deux y trouveront un thriller plaisant, tout en découvrant des thèmes plus profonds liés au choix, à l’identité et aux expériences qui façonnent les individus. Le film devrait sortir en salles au début de l’année prochaine, après sa première mondiale à Toronto et des projections dans le monde entier.

Sources: The Hollywood Reporter.